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L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL MET LA MAINTENANCE A L'HONNEUR

Partenariat entre le département maintenance du Kivi et la Haagse Hogeschool

La maintenance n'est pas sexy? Les professeurs sont de cet avis. Invitez un technicien dans votre classe et en un quart d'heure, vos étudiants seront suspendus à ses lèvres. La motivation n'est pas l'origine du problème, ce serait plutôt une question de formation insuffisante. Il n'en fallait pas plus que cette conclusion pour Arend Bos, administrateur du groupe de travail KIVI 'Maintenance', pour s'impliquer activement dans un programme de cours adapté à l'enseignement professionnel supérieur. Il a eu ce déclic à la Haagse Hogeschool (Delft), qui a récemment lancé le dernier volet de la formation Maintenance - Life Cycle Management.

 

L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL SUPERIEUR BRILLE PAR SON ABSENCE

La pénurie de techniciens est un sujet qui fait couler beaucoup d'encre. Le secteur de la maintenance en souffre également, ce qui porte en général l'attention sur l'enseignement professionnel en secondaires. Pourtant, les universités ont également constaté que la maintenance est un domaine qui mérite que l'on s'y attarde, et les scientifiques ont matière à développer sur toutes les techniques qui touchent à la maintenance prédictive, à la maintenance dynamique, etc.

« Le niveau de travail et de réflexion de l'enseignement professionnel supérieur, ça oui. Mais comment trouver ces professionnels si aucune formation adaptée n'existe? »

 

Arend Bos, Département Maintenance du KIVI
Arend Bos - Département Maintenance du KIVI

Et dans l'enseignement supérieur?

L'enseignement professionnel dans le supérieur reste désespérément inactif en la matière. Certaines hautes écoles ont évidemment mis en place des programmes dans ce sens, mais jusqu'à présent, il ne s'agissait de formations exclusivement en cours du jour axées autour de la maintenance. Arend Bos, qui travaille comme senior Maintenance & Reliability Manager pour Aspen Pharma Group, mais qui est également administrateur du groupe de travail Maintenance du KIVI (voir l'encadré): « Je donne régulièrement des cours sur la gestion de la maintenance et je parle avec des gens de ce secteur. Je constate que la demande en 'ingénieurs de maintenance' augmente, mais quand je posais la question, peu de personnes étaient capables de me dire ce que cela nécessitait comme profil. Le niveau de travail et de réflexion de l'enseignement professionnel supérieur, ça oui. Mais comment trouver ces professionnels si aucune formation adaptée n'existe? »

 

LA DEMANDE AUGMENTE, L'OFFRE DIMINUE

Arend Bos suppose que ce non-sens s'inscrit dans la logique de l'évolution historique de la maintenance. « Autrefois, peu de personnes diplômées de l'enseignement professionnel supérieur disposaient de connaissances suffisamment approfondies dans la maintenance. Et comme au sein des organisations, les personnes issues de l'enseignement professionnel secondaire évoluaient jusqu'aux fonctions de cadres, l'absence de professionnels formés dans le supérieur ne posait pas de problème dans la pratique. Ces dernières années, la demande en cadres a augmenté d'un côté, alors que, de l'autre, la croissance interne a ralenti à cause du manque de personnes qualifiées du secondaire professionnel. Et du coup, on se retrouve avec une demande deux fois plus importante en diplômés du professionnel supérieur dans le secteur de la maintenance. »

 

Une formation supérieure de jour en 4 ans

Dès qu'Arend Bos eut exposé le problème au groupe de travail Maintenance du KIVI, il a été décidé en interne que ce groupe allait tout faire pour mettre en place une formation supérieure de jour en quatre ans. Une formation qui prépare les étudiants à une fonction de cadre dans la maintenance et scindée par le groupe de travail - en concertation avec d'autres parties - en trois options:

  • les fonctions de maintenance qui regroupent les trouble shooters et les responsables;
  • les ingénieurs de maintenance responsables de la planification, des évaluations, de la gestion et des rapports;
  • les ingénieurs de projet responsables de la réalisation de projets de maintenance complets.

 

TROUVER LA BONNE ECOLE

Armé de sa proposition de profils sous le bras, le groupe s'est mis en quête de hautes écoles professionnelles qui accepteraient de consacrer du temps au développement d'une formation en maintenance pour les techniciens. Pour des personnes qui, pendant ces quatre ans de formation de jour, apprendront des choses utiles sur le plan stratégique, mais apporteront aussi leur pierre à l'édifice; pour ceux qui ont un profil de qualification dans l'outillage et les solutions électrotechniques, et qui sont p.ex. capables de démonter une pompe puis de la remonter correctement. Le plan était de trouver au moins quatre hautes écoles professionnelles enthousiastes à l'idée de ce projet, afin de rendre possible une formation dans ce domaine en divers endroits aux Pays-Bas.

 

Aucune énergie

Mais c'est tombé à l'eau. « Le plan a reçu des réactions très positives, » explique Arend Bos, « mais finalement, personne n'a voulu y mettre une quelconque énergie. Nous avons participé à des conférences sur l'emploi en collaboration avec le FME (groupement des entreprises technologiques) sur la question de savoir comment modeler une formation moderne d'ingénieur professionnel. La maintenance n'est pas une priorité à mettre sur la table. Lorsque j'ai fait une remarque à ce sujet en tant que visiteur, beaucoup ont approuvé ce que je disais, mais personne n'était vraiment prêt à soutenir un projet d'une telle envergure. A l'exception de la Haagse Hogeschool à Delft. Mais on peut parler d'une approche difficile. »

 

Tony Bostelaar, Outillages, Haagse Hogeschool Maintenance

Tony Bostelaar, responsable formation de l'option Outillages, Haagse Hogeschool Maintenance

Sur la même longueur d'ondes que Haagse Hogeschool

Tony Bostelaar, à l'époque responsable formation de l'option Outillage de la Haagse Hogeschool, était l'une des personnes à réagir avec enthousiasme à l'idée d'une formation Maintenance. « Ce type de formation a énormément de potentiel », ajoute-t-il. « Je vois qu'aux Pays-Bas, l'industrie de la manufacture est pleine explosion. Alors que l'on sous-traitait énormément il n'y a pas si longtemps dans les pays à bas salaires, on trouve de plus en plus de solutions, et donc de travail, chez nous grâce à l'automatisation. Dans l'industrie alimentaire aussi, la tendance est à la hausse et à l'automatisation. Pour rester compétitif, nous avons irrémédiablement besoin de machines et d'installations qui tournent parfaitement rond. Ce qui implique une bonne maintenance. Tout ce que vous construisez finira par s'abîmer. C'est aussi simple que cela. Pour reporter cette échéance, vous devez pouvoir être capable de prédire quand le problème va survenir, afin d'assurer une production plus efficace et plus compétitive. »

 

CONTENU DU PROGRAMME

Comme le développement d'un programme scolaire est une tâche longue et difficile aux Pays-Bas, ce n'est pas une option à proprement parler qui est mise en place, mais plutôt un 'programme d'apprentissage Maintenance' inclus dans la formation Outillages. Cela signifie que les cours de chaque année prévoient un volet consacré à la maintenance.

Première année: production

La première année s'attarde sur la production. L'objectif est de répondre à des questions telles que « Quand une pièce casse, comment la réparer ? Quels sont les mécanismes d'erreur à mettre en cause? » Mais aussi: « Comment augmenter la durée de vie des composants et des machines et comment savoir quand remplacer une pièce ou une installation? » Un chapitre opérationnel, donc.

Deuxième année: tactique

Pendant la deuxième année, les étudiants approfondissent la matière sous l'angle tactique. Tony Bostelaar: « Ils renforcent les connaissances acquises la première année pour les appliquer au niveau de l'installation globale. Pendant cette année, ils apprennent aussi à manipuler des outils spécifiques et abordent en partie l'aspect financier, tellement important dans le secteur de la maintenance. »

Troisième année: stratégie

Pendant la troisième année, les étudiants sont formés sur le plan stratégique et apprennent notamment comment gérer la maintenance sur le long terme, les principes de TPM, de la sous-traitance, les SLA (service level agreements) et bien d'autres choses encore. C'est également une année pendant laquelle interviennent des professionnels du monde des entreprises afin d'expliquer le travail sur le terrain. Parmi ces entreprises, Scania et la société de chemins de fer néerlandaise (Nederlandse Spoorwegen - NS) ont participé aux cours de la haute école de Delft. Tony Bostelaar: « Nous terminons actuellement la troisième année, ce qui signifie que l'année prochaine, nous aurons nos premiers étudiants diplômés à l'issue de ce programme. »

Coen van Kleef, lors d'un stage de fin d'études à RET, utilise une caméra infrarouge pour mesurer le développement de chaleur dans des pièces de remorquage lorsque cela ralentit le courant de la ligne aérienne de contact.
Coen van Kleef, lors d'un stage de fin d'études à RET, utilise une caméra infrarouge pour mesurer le développement de chaleur dans des pièces de remorquage lorsque cela ralentit le courant de la ligne aérienne de contact

Quatrième année: Gestion des actifs

Pour la quatrième année, nous venons de conclure le programme 'Life Cycle Management' qui permettra aux diplômés de présenter un véritable profil en Gestion des Actifs & Maintenance, et qui complète le programme. « En principe, ce cycle est destiné à tous les étudiants techniques et repose sur la norme ISO 55000 (gestion des actifs). Nous avons constaté que de nombreuses entreprises sont prêtes à proposer des places pour les stagiaires ou les étudiants qui réalisent leur mémoire. Cela prouve bien qu'il y a un réel besoin en étudiants du professionnel supérieur capables de gérer des pannes, mais aussi d'optimiser les procédés, capables d'analyser et de communiquer, mais aussi capables d'aborder la maintenance dans l'optique d'allonger la durée de vie d'un produit. Quelqu'un qui sera là du début à la fin du procédé de conception. Les statistiques montrent que, chaque année, on recherche pas moins de deux cents personnes ayant ce profil. »

 

LA MAINTENANCE NIVEAU EXPERT

Grâce au volet Maintenance, la Haagse Hogeschool a posé de nouvelles bases pour les jeunes désireux de porter la maintenance à un autre niveau. « C'est typiquement une option où l'on retrouve des personnes qui veulent aller sur le terrain », ajoute encore Tony Bostelaar. « Aux Pays-Bas, c'est ainsi: 70% d'une formation, ici dans l'option Outillages - porte sur la même chose. Par conséquent, les 30% restants peuvent être aménagés pour proposer une formation supplémentaire, par exemple sur les techniques de l'énergie, ou bien sûr, de la maintenance. »

 

 

DÉPARTEMENT MAINTENANCE DU KIVI

Le Koninklijk Instituut Voor Ingenieurs (KIVI) est une association professionnelle pour les ingénieurs de l'enseignement professionnel supérieur et scientifique aux Pays-Bas. L'association regroupe de nombreux départements responsables de leurs propres activités et initiatives. Le département Maintenance met en contact les ingénieurs de différentes disciplines en charge d'optimiser la fiabilité et la disponibilité des installations.

Plus d'informations sur www.kivi.nl