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31/08/2018 - GAUTHIER GELDHOF

UNE SECONDE VIE POUR L'HUILE DE LUBRIFICATION

olieCollecte & réutilisation des huiles usagées

Si la durabilité est importante à vos yeux, aucun doute à ce sujet: on ne vide jamais les huiles usagées dans les égouts. La prise de conscience durable relative à la collecte des huiles usagées ne concerne pas uniquement les utilisateurs particuliers. Les professionnels également – les garages & entreprises de carrosserie ou les entreprises dans l'industrie de la fabrication – doivent contribuer au traitement adapté des huiles usagées. En Belgique, c'est Valorlub, l'Organisme de gestion de l'obligation de reprise des huiles usagées, qui se charge des campagnes de sensibilisation. LubriTechnics a rencontré le directeur Frank Vanderpooten.

VALORLUB

Organisme de gestion de l'obligation de reprise des huiles usagées

Valorlub est l'Organisme belge de gestion de l'obligation de reprise des huiles usagées. Un nom à rallonge. L'ASBL est opérationnelle depuis début 2007 et se charge depuis de l'exécution pratique de l'obligation de reprise, conformément aux accords environnementaux et aux réglementations en vigueur dans les trois régions. Les fédérations responsables en 2004 de Valorlub – la Fédération Pétrolière Belge (FPB), Lubricants Association Belgium (LAB), la fédération du commerce et des services (Comeos) et Traxio (Mobility Retail and Technical Distribution) – se sont fixé pour objectif de satisfaire à tous les objectifs, prescriptions et exigences induits par les conventions environnementales (CE). Par conséquent, la sensibilisation joue un rôle essentiel. Les types d'huile repris dans le champ d'application des CE sont, entre autres, les huiles moteur, les huiles pour engrenages, les huiles hydrauliques, les lubrifiants, les huiles de turbine et les huiles de transformateur.

Quatre volets

Plusieurs parties différentes interviennent dans le cadre de l'obligation de reprise des huiles usagées.

  • Les fabricants d'huile
    Il s'agit de toute personne physique ou morale qui produit ou fait produire, emballe ou fait emballer des huiles pour sa consommation propre ou dans le but d'une distribution sur le marché belge.

  • Importateur d'huile
    Il s'agit de toute personne physique ou morale, autre que le fabricant d'huile, qui importe de l'huile et la distribue sur le marché belge, ou qui importe de l'huile pour sa consommation propre.

  • Fabricant d'huile usagée
    Toute entité dont le fonctionnement résulte en la production d'huiles usagées.

  • Collecteurs certifiés/reconnus
    La collecte d'huiles usagées originaires d'entreprises ne peut se faire que par le biais de collecteurs certifiés/reconnus. Les particuliers peuvent déposer gratuitement leurs huiles usagées dans les parcs à conteneurs.

Objectifs

Frank Vanderpooten Valorlub
Frank Vanderpooten, directeur de Valorlub

“Nous avons plusieurs objectifs à atteindre”, explique Frank Vanderpooten, directeur de Valorlub. “Les deux premiers objectifs, l'objectif de collecte (1) et l'objectif de traitement (2), sont plutôt de nature quantitative. Le troisième est un objectif de sensibilisation (3) à l'attention des entreprises comme des particuliers.”


1. POURCENTAGE DE COLLECTE

Objectif de collecte de 90%

Le degré de collecte, exprimé en pour cent, représente le rapport de poids d'huiles usagées collectées par rapport au poids total des huiles usagées à collecter. Idéalement, il faudrait atteindre 100% d'huiles usagées collectées, mais on a bien conscience que cet objectif théorique est utopique, et qu'il le restera dans la pratique. Il faut également tenir compte de l'ajout d'huile neuve, des vidanges et de l'ajout d'huile dans les voitures d'occasion, et des pertes dues à l'utilisation de l'huile. “Quand on prend toutes ces choses en compte, le potentiel d'huiles à collecter retombe à 70% des huiles introduites initialement sur le marché belge.”

Des objectifs plus complexes

huile Valorlub“Ces deux dernières années, l'objectif de collecte s'est avéré trop ambitieux, avec plusieurs conséquences à la clé”, poursuit Frank Vanderpooten. “Selon moi, dans les entreprises, cela est dû au fait que la collecte des huiles est devenue payante, ce qui a eu pour conséquence de faire baisser le prix de l'huile brute et de base, mais également au nombre en baisse d'entreprises de traitement en Belgique et aux Pays-Bas. Par conséquent, il se pourrait bien que les entreprises attendent actuellement pour faire collecter leurs huiles, et préfèrent alors exploiter leurs capacités de stockage, voire les étendre.”

2. OBJECTIFS DE REGENERATION

olieOutre le degré de collecte, les autorités régionales ont également fixé un objectif de recyclage. En Région flamande et dans la Région de Bruxelles-Capitale, il est fixé à 85% R9, et en Région wallonne à 60% (NDLR.: R9 est le code européen pour la régénération, le reraffinage ou toute autre réutilisation des huiles). 

Frank Vanderpooten: “En théorie, le collecteur effectue un premier traitement. L'huile est alors triplement fractionnée: huile, eau et sédiments. Dans la pratique, la qualité des huiles collectées chez les garagistes et dans les entreprises de transport est en général assez bonne. Les huiles collectées dans les industries nécessitent une première analyse.” Après ce premier traitement éventuel, la fraction d'huile est envoyée dans une entreprise spécialisée en recyclage.

Recyclage en huile de base ou carburant

La régénération des huiles usagées en Belgique pour en faire des huiles de base se fait actuellement exclusivement en France et en Allemagne par des entreprises spécialisées. Une part minime des huiles usagées est transformée en carburant. L'industrie du ciment utilise notamment des huiles usagées comme carburant alternatif.


3. SENSIBILISATION

Pour le troisième objectif, Valorlub vise à sensibiliser les utilisateurs professionnels comme les consommateurs, en fonction des objectifs pratiques.

“Il s'agit ici de campagnes de communication en ligne et hors ligne, comme la plus récente 'Ne soyez pas Jimmy Cracra'. Bien que le consommateur n'ait pas d'obligation de reprise, nous espérons lui faire comprendre que les huiles usagées doivent être ramenées au parc à conteneurs”, explique Frank Vanderpooten.

Valorlub campagne

Et les actions semblent porter leurs fruits. Des 45.000 tonnes d'huiles collectées chaque année, 2.000 tonnes viennent du circuit ménager (parcs à conteneurs). “En Flandre, cette quantité diminue, si bien que nous pensons que le marché évolue, alors qu'en Wallonie, il reste constant et qu'à Bruxelles, la quantité d'huile collectée dans les parcs à conteneurs ne cesse d'augmenter. La sensibilisation est donc suffisante pour faire comprendre aux particuliers comme aux entreprises que le temps où l'on se débarrassait de sa vieille huile dans les égouts, est bel et bien révolu.”


CONDITIONS

Pour les participants (fabricants ou importateurs)

olie

Les participants, qu'ils soient fabricants ou importateurs d'huiles et de lubrifiants sur le marché belge (donc également les fabricants de machines ou les importateurs de voitures), paient chaque année à Valorlub un montant calculé en fonction des quantités d'huile introduites sur le marché belge. Ces contributions financent le fonctionnement de Valorlub. “Il ne s'agit donc pas uniquement des fabricants d'huiles, mais aussi des importateurs de véhicules. En effet, lors de l'importation de machines et de véhicules, ces derniers peuvent être équipés d'huile et de produits lubrifiants”, explique Frank Vanderpooten. “Et tôt ou tard, cette huile devra être reraffinée, même si, grâce à l'évolution des technologies de moteur, le besoin en lubrification ne cesse de diminuer.

Si les voitures avaient besoin d'une vidange tous les 5.000 km autrefois, les intervalles sont nettement plus larges aujourd’hui. On assiste aussi à l'émergence des moteurs électriques au détriment des moteurs à combustion. Sans oublier que l'industrie lourde, grosse consommatrice d'huiles, a tendance à se retirer de nos contrées. Autant de facteurs à prendre en compte et qui impliquent un marché à la baisse.”

Pour les collecteurs

Valorlub, qui ne se charge d'aucune activité opérationnelle, collabore avec des entreprises de collectes certifiées par les autorités régionales. “C'est une première condition”, explique Frank Vanderpooten. “Ensuite, il faut que ces entreprises sachent comment nous remettre leurs rapports. Les entreprises qui répondent à ses critères et dont les rapports sont en ordre, sont alors 'homologuées'. Valorlub indemnise les collecteurs pour les informations ainsi transmises.”


DANS LA PRATIQUE

Pour les utilisateurs (entreprises de production)

Le flux professionnel d'huiles est soumis à un système de primes. Les fabricants d'huiles usagées peuvent dans certains cas obtenir une prime s'ils font appel aux services d'un collecteur homologué pour l'élimination de leurs huiles usagées. Pour une quantité égale ou inférieure à 1.000 litres sur une base annuelle, la prime est actuellement de 100 euros.

Frank Vanderpooten Valorlub




"Le flux professionnel d'huiles est soumis à un système de primes. Les fabricants d'huiles usagées peuvent dans certains cas obtenir une prime s'ils font appel aux services d'un collecteur homologué pour l'élimination de leurs huiles usagées. Pour une quantité égale ou inférieure à 1.000 litres sur une base annuelle, la prime est actuellement de 100 euros."

“Bien que les entreprises soient soumises à l'obligation légale de faire appel à un collecteur certifié, cette prime a pour but d'encourager les petits consommateurs surtout à évacuer leurs huiles usagées de manière légale”, poursuit Frank Vanderpooten. “Ce montant est forfaitaire et est recalculé chaque année en fonction des conditions du marché.”

Nettoyage

olieC'est au consommateur à prendre la décision de faire appel à un service de collecte, éventuellement encouragé par la prime. Lors de la collecte (de plus grandes quantités auprès de nouveaux clients), l'entreprise de collecte doit s'assurer qu'il n'y ait pas de risque de contamination des huiles aux BPC. Les biphényles polychlorés sont des agents chimiques réputés pour leur stabilité, ce qui empêche leur dégradation en milieu naturel. De plus, on peut observer des traces de dioxine, lorsque l'on brûle les BPC. La transformation d'huiles BPC coûte donc plus cher par rapport aux autres huiles. Pour le collecteur, le pompage et le transport d'huiles usagées contaminées impliquent aussi un surcoût, puisque la cuve et les conduites doivent être entièrement nettoyées par la suite. Après élimination éventuelle des BPC, on contrôle également la teneur en eau. Lors de la collecte, le consommateur reçoit une attestation du collecteur qui recevra à son tour une attestation de l'entreprise de reraffinage.

SITUATION AUX PAYS-BAS

Remarque: bien que certains pays comme l'Espagne, le Portugal et l'Allemagne disposent de structures comparables à Valorlub en Belgique, il n'existe encore aucune entité aux Pays-Bas qui regroupe les collecteurs, qui défende leurs intérêts et qui sensibilise les consommateurs et les entreprises au recyclage des huiles usagées. Aux Pays-Bas, il n'existe même pas d'obligation de reprises pour les fabricants et les importateurs d'huiles. Autrement dit: les fabricants n'ont aucune obligation financière, ni organisationnelle relative à la collecte et au recyclage des huiles usagées afin de contribuer à la réalisation des objectifs environnementaux. Aux Pays-Bas, le coût est donc supporté par l'ensemble de la communauté.