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12/06/2019 - MARJOLEIN DE WIT

LA CULTURE DE L'ORGANISATION ET LE COMPORTEMENT PEUVENT SAPER LA SECURITE

Arend Bos: “L'ouverture doit jouer un role central”

Au cours des prochaines années, la section ‘Maintenance’ de l'association d'ingénieurs KIVI va se concentrer spécifiquement sur le thème 'La sécurité dans la maintenance' en collaboration avec la NVDO. L'un des initiateurs est Arend Bos. Sur la base de nombreuses discussions et de sa propre expérience en tant que manager intérim, il nous présente les possibilités pour augmenter la sécurité dans le secteur de la maintenance. “Le problème se situe surtout dans la culture de l'organisation et dans le comportement des collaborateurs”, indique-t-il. “Tout l'art consiste à mettre le doigt dessus.”

Veiligheid in onderhoud bij Defensie
A la Défense, la sécurité des collaborateurs n'est pas seulement importante lors des opérations, mais aussi dans l'atelier
(source: Mediacentrum Defensie)



 

LA SECURITE EST PRIORITAIRE

Et pourtant...

Aujourd’hui, tous les CEO ou managers déclarent que la sécurité est cruciale dans leur entreprise. Tout le monde souhaite que les collaborateurs puissent rentrer chez eux le soir sains et saufs, que les process tournent bien et qu'aucun impact négatif ne soit exercé sur l'environnement. Pourtant, on entend parler quasiment chaque jour de gros et petits accidents ayant des conséquences plus ou moins lourdes pour l'homme et l'environnement.

Souvent pendant la maintenance

Arend Bos

Il n'est pas rare que ces accidents aient lieu pendant les travaux de maintenance. En soi, ce n'est pas surprenant. En effet, les accidents surviennent surtout lorsqu'on s'écarte des conditions 'normales', ce qui est le cas lors de la maintenance. Les gens vont à des endroits où ils ne vont pas d'habitude, ils doivent parfois improviser, ils travaillent avec des outils et des matériaux qui ne sont pas là normalement, ils démontent des pièces d'installations et de machines pouvant encore contenir des substances dangereuses, … Et puis, il faut penser à des centaines de choses, qui rendent les travaux de maintenance spéciaux et qui entraînent de plus gros risques.

MESURES TECHNIQUES ET PROCEDURES

Une vision ne se limite pas à de belles paroles

Bien sûr, le secteur de la maintenance est conscient de cette position particulière et tout est fait pour éviter les accidents. Enfin, tout ... Lors de son expérience dans de nombreuses entreprises – également au niveau de la maintenance (en sécurité), Arend Bos a constaté que les dirigeants tiennent souvent de beaux discours qui ne sont que des paroles en l'air. “Leur vision n'est pas toujours transposée sur le terrain. Et c'est néfaste, car un dirigeant joue un rôle crucial pour la culture d'une organisation et le comportement du personnel”, déclare-t-il. “C'est important car actuellement, le comportement et la culture sont les principales causes d'accident.”

Mesures, procédures et formations

Dans la plupart des entreprises, les mesures de sécurité techniques pour éviter les accidents sont bien prises. Il s'agit par exemple de clôtures destinées à cloisonner une machine, d'un accès sécurisé pendant les travaux de maintenance, de faibles pressions et tensions et de panneaux de commande compréhensibles. Les procédures et les formations sont également établies et assurées dans la plupart des entreprises. Les collaborateurs sont formés, ils savent comment gérer les matériaux et les machines, … De plus, ils connaissent les 'exigences' de la direction pour travailler en toute sécurité et disposent de tous les moyens possibles pour le faire. Pourtant, il y a encore des problèmes chaque jour.

Veiligheid in onderhoud
A Walibi, on impose les exigences les plus strictes à la sécurité des collaborateurs de maintenance. C'est indispensable, étant donné la nature des attractions

POURQUOI AGIR DANGEREUSEMENT?

En dépit de toutes les procédures de sécurité

Bos était tellement intrigué par cette question qu'il a créé un groupe de travail avec des membres de la section Maintenance de l'association d'ingénieurs KIVI et avec des membres de la NVDO. Ce groupe de travail s'est penché sur cette question: ‘Pourquoi les gens ne travaillent-ils pas de manière sûre, alors que leur entreprise possède tout un système de règles et de procédures?’. Ainsi que sur cette question logique qui en découle: ‘Pourquoi les gens agissent-ils de manière dangereuse (délibérément ou non)?‘.

Bos: “Lorsque nous arrivons à le découvrir, il est possible d'avoir plus de prise sur ces facteurs jusqu'alors incontrôlables. Lors de la formation de ce groupe de travail, presque toutes les personnes que j'ai sollicitées, m'ont immédiatement dit oui. Malgré leur agenda surchargé, elles sont convaincues que nous devons faire quelque chose face à cette problématique et sont déterminées à avancer dans la bonne direction.”

Bon leadership

Sur la base de nombreuses discussions, le groupe de travail est arrivé à un top trois des principaux facteurs contribuant à un comportement dangereux:

  1. manque de leadership en sécurité
  2. comportement grégaire et
  3. psychologie du collaborateur individuel

Le premier point a déjà été brièvement abordé et concerne l'influence des dirigeants sur l'attitude face à la sécurité.

Arend Bos: “Si un dirigeant se targue de prendre la sécurité à cœur, mais n'investit pas dans des moyens techniques à cet effet ou n'implique pas les entrepreneurs dans les formations et les statistiques de sécurité, cela nuit à sa crédibilité. J'ai remarqué que les dirigeants parlent plus souvent de rapidité que de sécurité aux collaborateurs de maintenance. Au lieu de demander ‘Quand pourrons-nous relancer l'installation?’ ou ‘Pourquoi est-ce que vous travailliez avec une échelle avant et qu'il vous faut un échafaudage maintenant?’, ils devraient demander ‘Avez-vous effectué une bonne analyse des risques avant de commencer?' ou ‘Est-ce que tout le monde a utilisé les EPI prescrits?’. Les managers ne donnent pas toujours le bon exemple, ils n'interpellent pas les gens en cas de comportement dangereux et parfois, ils ne sont pas suffisamment présents sur le terrain, si bien qu'ils n'ont aucune idée des problèmes (de sécurité) auxquels les collaborateurs sont confrontés.”

"Roep je als leidinggevende dat veiligheid essentieel is, maar laat je vervolgens na te investeren om dit na te streven, dan is je geloofwaardigheid snel verdwenen"

Comportement grégaire

Le problème avec le comportement grégaire est qu'un individu a du mal à aller contre les habitudes d'un groupe dont il fait partie ou dont il veut faire partie. Lorsqu'un nouveau collaborateur arrive et remarque qu'il est le seul à porter des lunettes de sécurité, il faut qu'il ait un sacré caractère pour continuer à le faire. Très vite, il a tendance à s'adapter au comportement (dangereux) du groupe et à ne plus remarquer qu'il travaille de manière peu sûre.

Psychologie de l'individu

Enfin, la psychologie de l'individu donne à plusieurs niveaux plusieurs raisons de travailler de manière dangereuse. Par exemple, la tendance à préférer faire les choses rapidement plutôt que de manière sûre. Chaque lecteur a déjà certainement fait une entorse à la sécurité pour des raisons de rapidité; travaillant par exemple sans équipements de protection, sans débrancher les installations ou sans les outils requis. Un autre aspect concerne la perception du risque et la prise de conscience: beaucoup de gens ne sont pas ou plus conscients des risques sur leur lieu de travail. Surtout lorsqu'il s'agit de dangers non naturels.

Arend Bos: “Pour nous, travailler en hauteur ou avec du feu est 'dangereux', mais les hautes tensions ou les substances toxiques ne nous donnent un sentiment de danger que parce qu'on a appris que c'est dangereux. De plus, l'homme est sensible à l’accoutumance, si bien que la perception du risque disparaît, lorsqu’il ne se passe rien pendant longtemps.”

hoogwerker

SOLUTIONS POSSIBLES

Conjonction de facteurs

On connaît ça depuis longtemps. Mais constater le problème avec la volonté d'y remédier de manière ciblée constitue déjà une partie de la solution:

  • Prévoyez un bon leadership en accordant vraiment une attention positive à la sécurité
  • Prévoyez une culture attentive à la sécurité
  • Evitez le comportement grégaire dangereux
  • Accordez de l'attention aux compétences de chaque individu afin que chacun soit constamment conscient des risques et agisse en en tenant compte

Arend Bos: “Mais bien sûr, tout ça est plus facile à dire qu'à faire! Eviter des accidents en accordant de l'attention à tout ce qui vient d'être dit, est donc un ensemble complexe de nombreux facteurs que l'on ne peut pas forcément calculer ou aborder de manière dichotomique. Il faut constamment lutter contre la nature humaine; tant au niveau de l'individu que de l'interaction entre les gens. Mais une approche structurée est possible.”

Bon leadership

De la même manière qu'un mauvais leadership est une cause d'accidents, un bon leadership est la première chose à examiner pour réduire les accidents.

Arend Bos: “Un bon leader donne toujours le bon exemple et est totalement impliqué dans le bien-être de son personnel. Les résultats sont les plus probants, lorsque les dirigeants savent que ce sont eux qui doivent aller trouver le/la partenaire de leur travailleur si ce dernier a eu un accident ou, dans le pire des cas, est décédé dans le cadre de son travail. Il est frappant de constater que l'implication est plus faible chez les dirigeants qui ne doivent pas le faire. Donner le bon exemple est surtout valable lors des moments cruciaux, où un dirigeant explique clairement que la sécurité de son personnel prime sur la vitesse de production ou promet à un client de livrer à temps.”

Les changements prennent du temps

Arend Bos: “Et enfin: un bon leader sait que les changements prennent du temps, surtout lorsqu'on veut les implémenter dans une culture d'entreprise. La base du changement est plus forte, lorsque les collaborateurs sont impliqués dans le changement. Il faut donc une stratégie bottum-up plutôt qu'une stratégie top-down afin que les collaborateurs aient le sentiment qu'ils ont eux-mêmes pu apporter leur contribution à leur propre sécurité. Cela demande un leader qui mise davantage sur le travail de coaching et qui est moins directif.”

OUVERTURE

Arend Bos: “Il y a énormément à dire à propos de la sécurité, de la culture et du comportement. Je pense que l'ouverture est un élément central. Les gens doivent se sentir totalement libres d'attirer l'attention des autres sur un comportement dangereux et de rapporter des situations dangereuses à leur supérieur hiérarchique. Un dirigeant doit donc constamment entretenir le dialogue avec tous les collaborateurs, impliquer les nouveaux employés dans la politique de sécurité, analyser des changements et voir s'ils sont sûrs ou non, faire de la sécurité un élément de concertation et toujours examiner s'il est possible de l'améliorer. Il est également important de lire beaucoup à propos de la sécurité au travail et d'évaluer si certaines choses peuvent être utiles pour votre entreprise ou division. C'est ainsi qu'on obtient un aperçu de toutes les possibilités et que la sécurité devient une seconde nature, que l'on peut transmettre à ses collaborateurs.”