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14/01/2019 - MELS DEES

POSSIBILITES ET MENACES DE LA NANO DANS LA MAINTENANCE

Intervalle de maintenance plus long: coup dur pour les firmes de maintenance externes?

La nanotechnologie est en plein essor, entend-on toujours. Les nanoparticules se glissent dans toutes les facettes de la vie, de l'aéronautique, de l'électronique et autres industries de haute technologie jusqu'à la peinture et aux articles ménagers. Cela est-il exact, et quelles sont les conséquences - notamment pour la branche de la maintenance? Et à quoi pouvons-nous nous attendre dans le futur?

 

Des applications des nanoparticules
Des applications des nanoparticules

 

CONNAISSANCE ENCORE PEU APPLIQUEE DANS LES ENTREPRISES

Nous posons ces questions à Thies Oosterwijk, s'occupant au sein de TNO comme de TMC de l'application de la nanotechnologie. Sa réponse est plutôt surprenante: “En fait, l'application de la nanotechnologie aux Pays-Bas et dans le reste de l'Europe n'est pas encore terrible, si on regarde le potentiel de cette technologie. Cela signifie que dans les universités, de solides connaissances sont développées, au niveau des revêtements, des matériaux composites, etc. Mais les entreprises hésitent à appliquer ces connaissances. Trop peu de la technique est convertie en valeur ajoutée pour les entreprises ou la société."

LA NANO EST-ELLE EN FAIT SURE?

Interrogé sur les raisons, Oosterwijk cite quelques freins. “L'industrie ne sait tout d'abord souvent pas bien ce qu'on peut faire avec la nanotechnologie. On peut bien sûr y remédier: chez TMC, mais aussi au sein de TNO, nous nous affairons à transposer et traduire les connaissances académiques en applications utilisables."

Pour une indication globale concernant l’application de nanoparticules, elles sont classifiées et le risque d’exposition est estimé
Pour une indication globale concernant l’application de nanoparticules, elles sont classifiées et le risque d’exposition est estimé

 

Mais même lorsque la valeur ajoutée pour un produit ou un processus est claire, des doutes subsistent: “Une firme ne sait pas très bien dans quelle mesure les nanoparticules sont sûres. Et cela est compréhensible. Il n'existe pas encore de législation contraignante en Europe et les avis provisoires en matière de sécurité jouent la carte de la sécurité - ils sont basés sur le principe de précaution."

“La loi pose – a raison – des exigences strictes pour la protection des travailleurs, alors qu’on ne sait pas encore bien dans quelle mesure la nanotechnologie est sure”

NOUS NE LE SAVONS PAS ENCORE

“Pourquoi n'y a-t-il pas encore de vraie législation? Nous n'en savons simplement pas encore suffisamment sur les effets des nanomatières distinctes. Il y en a tellement, et de nouvelles s'y ajoutent sans cesse. Elles peuvent, en outre, pénétrer dans le corps de différentes manières. Et la loi impose - à raison - des exigences strictes à l'employeur pour la protection des travailleurs, alors qu'on ne sait pas encore exactement dans quelle mesure la technologie est sûre. Cela constitue vraiment une barrière pour l'application de la nanotechnologie, et cela le restera aussi un moment."

PROGRES

Ces dernières années, des progrès ont d'autre part aussi été enregistrés. Avec l'approche 'worst case' globale utilisée par TNO, ils peuvent offrir un degré élevé de certitude. Oosterwijk: “Les techniques de mesure se sont, en outre, fortement améliorées. Nous savons ainsi entre-temps quantitativement bien de quoi nous parlons. Sur ce plan, de nouvelles normes sont aussi développées. Même si l'application de la nanotechnologie progresse évidemment moins vite aux Pays-Bas et en Europe que dans les pays où les exigences de sécurité sont moins strictes ou inexistantes."

NANOTECHNOLOGIE ET MAINTENANCE

“Cet essor potentiel des nanotechniques aura aussi un impact sur le secteur de la maintenance“, pense Oosterwijk. “De nombreuses nanomatières concernent le traitement de surface (résistance à la corrosion, prévention des dépôts et de l'encrassement, prévention de la formation de croûte sur les coques de bateau, …), ce qui a un rapport direct avec la maintenance. Comme les lubrifiants, les barrières thermiques, … La nanotechnologie pourrait bien provoquer une vraie révolution dans le monde de la maintenance."

”L’application de la nanotechnologie progresse moins vite aux Pays-Bas et en Europe que dans les pays ou les exigences de securite sont moins strictes ou inexistantes”

INTERVALLES PLUS LONGS

Thies explique que les intervalles de maintenance plus longs attendus généreront p.ex. dans l'industrie chimique de grosses économies et pourraient également être un coup dur pour les entrepreneurs de maintenance externes. “Mais cela finira par arriver", déclare-t-il. “J'en suis certain."

A terme, une application accrue de nanomatières signifie également une augmentation des problèmes au niveau de la sécurité. Les éléments avec un nanorevêtement devront tout de même bien un jour être remplacés, poncés et rectifiés.

ENCORE QUELQUES POINTS A REGLER

“Le problème," déclare Oosterwijk, “c'est que, pour le moment, les nanomatières ne doivent pas encore être enregistrées. Ce ne sont, en effet, officiellement pas des matières dangereuses. Et sur les revêtements venant d'Extrême-Orient, il n'y a souvent rien du tout. Il sera difficile de savoir à quoi s'en tenir, quand on y travaillera dans le futur. Les nanomatières offrent des possibilités fantastiques, mais il y a encore l'une ou l'autre chose à résoudre." 

NANOPARTICULES

Un nanomètre (nm) équivaut à 1×10−9 m. L'ISO TS 80004 définit une nanoparticule comme un nano-objet dont les mesures dans toutes les dimensions tombent dans l'échelle 'nano', dont la différence entre les axes le plus long et le plus court n'excède pas un facteur 3. Les nanoparticules ne sont en gros pas beaucoup plus grandes que de nombreuses molécules plus grosses, comme les protéines. Elles ont une échelle sous laquelle les (macro-)propriétés ordinaires d'une matière, comme la conductivité et la corrosivité, peuvent changer fortement. Cela est surtout dû au fait que le rapport entre la surface et le volume de nanoparticules est proportionnellement bien plus grand que celui de la même matière dans le monde macroscopique. La plus grande surface signifie généralement que les nanoparticules sont bien plus réactives que les particules plus grandes. C'est souvent aussi pour cela qu'elles sont utilisées, et à la fois pour cela qu'elles sont considérées comme potentiellement dangereuses pour la santé. Vu leur petit format, les nanoparticules peuvent, en outre, pénétrer plus facilement profondément dans les tissus vivants.

Les nanorevêtements antibactériens et anticorrosion réduisent la fréquence d’entretien des surfaces
Les nanorevêtements antibactériens et anticorrosion réduisent la fréquence d’entretien des surfaces

EXEMPLE: NANOREVÊTEMENTS

Les revêtements antibactériens, p.ex. dans les hôpitaux, sont un exemple d'une application populaire de la nanotechnologie dans la maintenance. Les revêtements contiennent des nanoparticules de dioxyde de titane (TiO₂) et/ou d'argent (Ag). Celles-ci catalysent la décomposition de saleté organique sur la surface traitée. Sous l'influence de la lumière (du soleil) ultraviolette, des radicaux d'oxygène ou d'hydroxyle se forment sur la surface, qui oxydent la saleté. Une averse ou simplement de l'eau suffit ensuite pour éliminer les résidus de saleté. Les revêtements autonettoyants avec des nanoparticules de (souvent) dioxyde de silicium (SiO₂) sur les fenêtres et la céramique (sanitaire) créent une surface irrégulière. La saleté y adhère ainsi moins bien et s'élimine plus facilement. Les risques pour la santé de telles applications concernent surtout l'application (pulvérisation, peinture) et l'usinage de surfaces traitées (ponçage, sciage, ...). Un usage normal, nettoyage compris, comporte peu de risques.

Thies OosterwijkQUI EST THIES OOSTERWIJK?

Thies Oosterwijk partage sa semaine de travail entre TNO et TMC. Chez TNO (Zeist), il travaille dans le cadre du projet RAPID (Risk Assessment of Products in Development) à la commercialisation sûre de nanoapplications innovantes. TMC est un bureau d'études et de consultance s'occupant des développements technologiques dans un grand nombre d'entreprises et d'organismes publics néerlandais (Philips, ASML, DSM, etc.). Ils accompagnent les professionnels techniques impliqués et leur permettent d'enrichir leurs connaissances et d'échanger entre eux.