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19/11/2018 - DIETER DEVRIENDT

APPRENDRE LES UNS DES AUTRES A EUROMAINTENANCE 4.0

Anvers a abrite la conference sur la maintenance

Flanders Meeting & Convention Center
Le foyer du Flanders Meeting & Convention Center abritait le salon d’Euromaintenance 4.0

Du 24 au 27 septembre, le Flanders Meeting & Convention Center d'Anvers a accueilli le secteur européen de la maintenance. Lors de Maintenance 4.0 - une référence à la maintenance à l'ère de l'Industrie 4.0, les participants ont pu enrichir pendant quatre jours leurs connaissances en matière de maintenance. Cela a commencé avec des ateliers et l'ouverture du salon pour se terminer, après deux jours de conférences, le jeudi. La EFNMS et BEMAS peuvent se targuer d'une édition plus que réussie.

 

EDITION RECORD 2018

Euromaintenance 2018 à Anvers - ou Euromaintenance 4.0 - a été un succès sur de nombreux plans. Avec 1.367 visiteurs au compteur et plus de 20 ateliers et 106 présentations au programme, la European Federation of National Maintenance Societies (EFNMS) et la fédération nationale organisatrice BEMAS ont fait les choses en grand. Cette édition a même battu le précédent record - l'édition 2008 à Bruxelles qui avait alors enregistré 750 personnes présentes.

 

SALON AVEC SOIREE D'OUVERTURE

La conférence va de pair avec un (petit) salon. Il a été ouvert de manière festive le lundi 24 septembre avec une dégustation de bière et la présentation de plus de 50 innovations au salon. Lors de l'ouverture du salon, les Salvetti Foundation Awards ont aussi été remis (voir encadré ci-dessous). L'annonce du European Maintenance Manager of the Year Award a suivi le mardi soir (voir plus loin dans ce magazine).

Pendant les pauses déjeuner et café des conférences, les participants pouvaient se rendre au foyer, où exposaient les entreprises suivantes: I-Rental, Engie Fabricom, Endress+Hauser, Maxgrip, Total Belgium, Fluke, SPM Instrument, I-Care, PTC, Dimensys, PDM, HBM Prenscia, PWC, Aegis, Hansford, Motoren Francoys, 2BM, ARMS Reliability, API - Optiware, Eriks, Vogelsang Elektromotoren, Agidens, Emerson, Alfa Laval, Yontec, Panasonic, Ultimo, ISOgraph, Wizata, Lionoil, Mainnovation, Troia, Phenix Technologies, Yazzoom, Iqunet, ECC, Prüftechnik, Kapernikov, CMD Gears, SKF, SDT, Iriss, Carl Software, Pilz, UE Systems, Menzel Elektromotoren, ABB, Siemens, Eltec System, Imes - Dexis, RMS Reliability, IBM, Viziya, Lubretec et VersaSense.

 

SALVETTI FOUNDATION AWARDS

La Salvetti Foundation - fondation se battant pour les (réseaux de) jeunes professionnels de la maintenance et décernant aussi le European Maintenance Manager of the Year Award - remet traditionnellement à Euromaintenance ses prix à la thèse de doctorat et de master la plus intéressante. Lors de l'édition 2018, la remise a eu lieu durant la séance d'ouverture plénière le 25 septembre.

La valeur ajoutée de la gestion d'actifs dans les centrales d'énergie dans le contexte des pays en développement

Le PhD Thesis Award a été décerné au Dr. Peter Chemweno. La thèse de doctorat du Kényan à la KU Leuven dresse la carte des défis auxquels les propriétaires et opérateurs de centrales d'énergie font face par rapport à l'utilisation de données d'opération et de maintenance pour le soutien de décisions. Chemweno est actuellement professeur assistant à l'université de Twente; il y donne cours sur la conception de produits et de systèmes de production.

Optimisation de la stratégie de gestion d'actifs pour l'énergie éolienne sur la base de l'analyse du coût du cycle de vie

L'Espagnol Asier Erguido a reçu le Master Thesis Award pour sa thèse ayant développé des modèles analytiques et de simulation pour l'analyse systématique de l'impact de différentes stratégies de gestion d'actifs sur le coût du cycle de vie des éoliennes. En utilisant ces modèles, une stratégie optimale peut être trouvée. Erguide travaille aujourd'hui à son doctorat au sein de l'institut de recherche IK4-Ikerlan à Bilbao.

 

'TRACKS' PARALLELES DE CONFERENCES

Les plus de cent conférences les mardi et mercredi, parmi lesquelles plus de 50 cas, étaient subdivisées en 7 'tracks' parallèles:

  • Maintenance 4.0 Strategy;
  • Big Data & Predictive Analytics;
  • Asset Performance Management;
  • Motor Systems 4.0;
  • Asset Condition Management;
  • Health & Safety in Maintenance;
  • Asset Management & ISO 55000.

Vous trouverez sur les pages suivantes une petite sélection des conférences. Ceux ayant manqué l'événement peuvent déjà se réjouir de la prochaine édition, qui se tiendra à Rotterdam.

 

Franco Santini d'Omnia SAS
Franco Santini d'Omnia SAS

MAINTENANCE 4.0: UNE NOUVELLE ÈRE DE FONCTIONS DE MAINTENANCE

Franco Santini d'Omnia SAS s'est penché sur la fonction évoluant de la maintenance dans l'Industrie 4.0. Les glissements vers l'excellence et la durabilité des actifs physiques exigent de nouveaux critères et stratégies pour obtenir une valeur ajoutée.

Technologies motrices

Les technologies (ICT) de l'Industrie 4.0 sont les outils de soutien aidant la maintenance à passer à une nouvelle ère, numérique et intégrant l'ingénierie, la maintenance comme les opérations.

Il s'agit de la robotique (robots collaboratifs mais aussi robots intelligents), de la mécatronique (combinaison de diverses disciplines d'ingénieur), de la nanotechnologie (amélioration de matière au niveau atomique ou moléculaire), de la réalité augmentée (ajouts via smart glasses), du jumeau numérique (réplique virtuelle d'une machine existante), de l'analyse des méga-données (pour distiller des informations adaptées, intelligentes), du cloud computing, du machine learning, de la communication machine to machine, de l'impression 3D et de la cybersécurité.

Vers une maintenance prescriptive

Ces avancées technologiques continuent de soutenir l'évolution des modèles de maintenance préventifs. De la maintenance descriptive (inspections et contrôles visuels) en passant par la maintenance prédictive (monitoring) et pronostique (intégration numérique d'analyse et d'apprentissage) à la maintenance prescriptive.

Nouvelles compétences et organisation

De tels changements impliquent aussi une évolution sur le plan du personnel. Le nouveau professionnel de la maintenance doit posséder de multiples talents et disposer des soft comme des hard skills nécessaires. Les modèles d'organisation doivent aussi être adaptés, plus vers la servitization (prestation de services).

 

Loek van der Linde de Hogeschool Zeeland
Loek van der Linde de Hogeschool Zeeland

SCIENCE DES DONNÉES: MACHINE LEARNING ET MAINTENANCE

La Hogeschool Zeeland avait délégué le chercheur Loek van der Linde pour expliquer le travail que lui et le prof. Mischa Beckers réalisent dans le domaine de la science des données.

Il a, lui aussi, commencé par évoquer l'évolution vers la maintenance prédictive et prescriptive et les stratégies de maintenance changeantes que cela entraîne.

Cours accéléré de machine learning

Avant de s'attarder sur la technicité, l'orateur a d'abord donné un cours accéléré de machine learning. La différence avec la programmation traditionnelle, c'est qu'une machine utilise là des données et un algorithme pour arriver à l'output tandis que le machine learning traite les données et l'output en un algorithme.

Besoin de données

Van der Linde a ensuite rompu une lance pour les 'méga-données'. Celles-ci sont nécessaires pour apprendre, non seulement pour l'homme mais aussi et surtout pour les machines. Si on se penche sur la technique du machine learning, il y a soit l'apprentissage supervisé, soit l'apprentissage non supervisé. La première méthode est basée sur la classification ou la régression; la dernière sur le clustering.

Classification versus régression

L'apprentissage supervisé au moyen de classification est en fait le diagnostic de défaillances. Avec cette méthode - plus simple que les autres, un beau progrès a déjà été réalisé. La régression est, elle, une meilleure méthode pour tenter de calculer la Remaining Useful Life (RUL). Cette méthode englobe notamment la technique des réseaux de neurones pouvant traiter de gros ensembles de données complexes.

Les réseaux de neurones s'attaquent aux paliers

Un test pronostique de paliers à rouleaux sur la base de données de vibrations a enfin été examiné. A partir de données brutes de 17 paliers, un modèle fonctionnant a pu être réalisé en 30 minutes.

 

Pascal Van Lith de BASF Antwerpen
Pascal Van Lith de BASF Antwerpen

NUMÉRISATION ET ASSET PERFORMANCE MANAGEMENT BASÉ SUR LES DONNÉES CHEZ BASF ANTWERPEN

Pascal Van Lith de BASF Antwerpen a commencé par une description du site d'exploitation anversois. La plus grande production chimique intégrée belge avec plus de 3.100 travailleurs englobe 55 ateliers de production sur 600 hectares, pour 580 km de canalisations.

Impact de l'I4.0

Quand on lui a demandé si l'Industrie 4.0 aurait un impact sur BASF, l'orateur n'a pas pu dire que non. Mais Van Lith voit ici des opportunités pour la firme. Grâce aux données de processus, le processus décisionnel sera plus rapide, plus fondé et plus intégré. La numérisation des processus de travail permettra aussi de plus se concentrer sur des activités ajoutant de la valeur. La numérisation améliore également la sécurité.

Projets actuels et futurs

En 2016 - 2017, quelque 25 projets ont déjà été lancés en vue d'une reconnaissance. Au cours de la période allant d'aujourd'hui à 2020, le projet Antwerpen 4.0 se concentrera sur six domaines: 'Verbund' de numérisation et robotique pour l'inspection (tous les deux en phase de reconnaissance), analyse de données, opérations numériques et exécution logistique (tous les trois en développement) et mobile & sans fil (déjà opérationnel).

Asset performance monitoring & management

Du point de vue du processus d'entreprise, l'usine à Anvers exige une grande disponibilité. Une attention particulière est donc accordée au contrôle d'actifs critiques et essentiels. On utilise ici la détection d'anomalies avec des limites d'alarme dynamiques. L'analyse diagnostique, dans le cadre de laquelle comprendre ce qui est arrivé et pourquoi est essentiel, fait également partie du projet. Le but est de pouvoir finalement établir le rapport correct entre optimisation du processus et fiabilité.

 

Youssef Miloudi de Carl Software
Youssef Miloudi de Carl Software

LES OBJETS CONNECTÉS ET L'AI LANCERONT-ILS LA GÉNÉRATION SUIVANTE DE CMMS POUR L'I4.0?

La firme Carl Software s'est chargée de répondre pendant Euromaintenance à la question de savoir si les objets connectés et l'intelligence artificielle (AI) généreront la nouvelle génération de CMMS pour l'Industrie 4.0.

Révolution numérique

Selon les prévisions, 200 milliards d'objets seront en tout cas 'connectés' d'ici 2030. 6 milliards d'objets intelligents devraient exister d'ici 2020. Le marché IioT est estimé à 933 milliards d'euros d'ici 2025.

CMMS

Dans ce contexte, le Computerized Maintenance Management System du futur devra surtout offrir une assistance à l'utilisateur, permettre plus de communication directe entre le technicien et la machine, assurer de manière numérique des échanges avec les services techniques, accroître la sécurité sur le terrain et collaborer avec les systèmes externes de l'entreprise.

Prédire et recommander

Il est important pour une plate-forme pour la maintenance prédictive de comprendre quand, pourquoi et comment une défaillance se produit. Les conséquences doivent aussi être prédites et les actions pouvant être entreprises doivent être recommandées. La maintenance devient ainsi une fonction de production avec pour but l'optimisation de la production et de la qualité. Cela se traduit par moins de défaillances, des coûts de maintenance réduits, une flexibilité et un rendement énergétique accrus et des temps de réparation plus courts.

Prototype

Miloudi a démontré que cela était déjà possible avec l'exemple du centre de données et du traitement de l'air du propre nouveau siège à Lyon.

 

Maurice Jilderda de Sitech
Maurice Jilderda de Sitech

LE VOYAGE ET LES PREMIERS RÉSULTATS DE L'IMPLÉMENTATION DE MAINTENANCE 4.0 CHEZ SITECH À CHEMELOT

Le fournisseur de services Sitech est venu partager ses expériences avec les 26 ateliers qu'ils gèrent sur le site Chemelot à Geleen. Ils y assurent notamment la gestion des actifs et les manufacturing services. La firme a suivi une feuille de route vers l''usine intelligente'. Le voyage a débuté en 2012 avec la vision Sitech 2020. A partir du start-up, un pilote a été mis en place. De là, on a progressé et on a pu enregistrer de bons résultats.

Jumeaux numériques

Cela a démarré avec des jumeaux numériques. Aujourd'hui, il y a 33 modèles d'équipement pour 600 installations et machines et 44 pilotes.

Asset performance management comme service

Sitech propose pour ses clients au moyen de capteurs et inspections intelligentes via le Sitech Asset Health Center l'APM comme service, sous la forme du logiciel APM4.0 Suite. On peut ainsi aussi créer le jumeau numérique (algorithme compris). Un tableau de bord unique donne une vue d'ensemble des sonnettes d'alarme éventuelles et on peut consulter des informations détaillées sur les actifs. A partir d'un avertissement précoce, on peut aussi passer très facilement à l'action au moyen d'un ordre de travail.

Success stories

Maurice Jilderda a convaincu avec les résultats de quelques user cases. Dans le cas d'une pompe, on a ainsi pu économiser les temps d'arrêt et les coûts de plus de 100.000 euros par an. On a également p.ex. réduit le temps d'arrêt d'une valve de contrôle. Un user case prédictif était l'échangeur thermique pour lequel des coûts et de l'énergie ont été économisés après nettoyage. La maintenance prescriptive sur un autre échangeur thermique a aussi aidé à réduire le temps d'arrêt. Des pilotes sont, enfin, en cours pour la prévision Corrosion Under Isolation (CUI) et Remaining Useful Lifetime (RUL) de filtres.

 

Piet van der Schaar de Heineken
Piet van der Schaar de Heineken

ASSET PERFORMANCE MANAGEMENT STRATÉGIQUE: SURMONTER LES OBSTACLES CHEZ HEINEKEN

La maintenance est bien sûr d'application aussi au sein des brasseries de Heineken. La Total Productive Maintenance (TPM) décrit, selon Piet van der Schaar, bien la manière de travailler. Elle se compose de piliers. La PM/Maintenance est l'un d'entre eux.

Stratégie et maturité

La production est passée d'une maintenance de base (construction de la stratégie des piliers, capabilities et processus de base, restauration des conditions de base et réduction des pannes) via une maintenance avancée (optimisation du système de maintenance planifiée et réduction des petits arrêts et défaillances et transfert des tâches de maintenance) à une world class maintenance (prolongation de la durée de vie des actifs en réalisant la valeur entière).

Implémentation de Maximo

Après plusieurs acquisitions, Heineken avait une multitude de CMMS dans ses rangs, ce qui compliquait la central governance. La firme était aussi en train de standardiser les processus d'activité et ERP. Le choix s'est porté sur Maximo de MaxGrip. Le système a ensuite pu être implémenté par site en une phase de 26 semaines.

Après deux semaines de préparation de transition, quatre semaines sont encore consacrées à l'identification de solutions pour le lancement de la transition, durant six semaines. Un temps nécessaire pour réaliser le transfert de connaissance. Les efforts se poursuivent ensuite encore quatre semaines. Quatre dernières semaines apportent la stabilisation.

Initiatives Industrie 4.0

Heineken a aussi déjà pris quelques initiatives numériques. Le brasseur s'essaie ainsi à la réalité augmentée et à l'assistance à distance. L'impression 3D n'est pas non plus une inconnue pour la firme.