naar top
Menu
Logo Print
22/11/2018 - ING. MARJOLEIN DE WIT-BLOK

L'ENTRETIEN, ELEMENT EXPLICITE DU CONCEPT DU 3E SAS DE L'ECLUSE BEATRIX

Disponibilité maximale comme point de départ

L'écluse Beatrix est l'écluse intérieure la plus monumentale des Pays-Bas et aussi la seule écluse sur la route directe entre les ports de Rotterdam et d'Amsterdam. En raison du trafic fluvial croissant et des dimensions des bateaux de navigation intérieure actuels, il était nécessaire de construire un troisième sas et d'élargir le Lekkanaal. Comme ceci se fait dans une construction DBFM (Design, Build, Finance and Maintain), on a tenu compte au maximum de l'entretien futur dans le concept.

 

écluse Béatrix nouvelleécluse Béatrix ancienne

 

Ce mécanisme dans les tours des anciennes écluses  assure le levage des portes d’écluse
Caption

TRANSPORT DE MARCHANDISES RAPIDE ET SECURISANT SUR L'EAU

Les concepteurs de l'écluse Beatrix avaient eu une vision d'avenir passablement bonne. Les dimensions, fixées dans le concept de l'époque 'en prévision de plus tard' - 225 m de long et 18 m de large avec une profondeur jusqu'à 3,5 m - étaient hors de proportions, mais ont fait en sorte que l'écluse a pu servir pendant pas moins de quatre-vingt ans. Cependant, on est arrivé au point où l'écluse originale ne pouvait plus traiter aussi bien le volume du trafic fluvial que les dimensions de l'actuelle génération de bateaux de navigation intérieure.

Rijkswaterstaat - propriétaire et gestionnaire - a décidé d'élargir le Lekkanaal dans un projet de grande ampleur et d'aménager de surcroît une troisième écluse. Sas van Vreeswijk a développé à cette fin un sas d'une longueur variable entre 276 et près de 300 m, une largeur de 25 m et une profondeur maximale de 4 m. Ceci garantit un déroulement rapide et sûr du transport des marchandises et ajoute des emplacements d'amarrage pour la navigation professionnelle par l'élargissement de l'espace du canal.

 

CONTRAT DBFM

Le projet d'envergure sera exécuté dans un accord de collaboration dans lequel Rijkswaterstaat est le maître d'ouvrage. Le responsable du concept est Sas van Vreeswijk: une combinaison de l'entrepreneur et des investisseurs RebelValley et TDP, soutenus par l'entreprise de terrassement Martens, et Van Oord et Agidens pour l'électromécanique. Heijmans et Jan de Nul sont aussi impliqués dans la collaboration.

Avec l'accord de collaboration, Rijkswaterstaat a rédigé ce qu'on appelle un contrat DBFM pour le complexe d'écluses complet et le Lekkanaal pendant trente ans. Dans ce contrat Design, Build, Finance and Maintain, l'adjudicataire est responsable aussi bien du concept et de la construction du projet que du financement et de l'entretien total pendant la phase de construction et la phase d'exploitation suivante qui couvre 27 ans. C'est donc une forme de contrat intégrée qui tient compte de la disponibilité. Pour répartir le risque, le concept et la construction sont séparés de l'entretien dans cette collaboration.

Paul Zanen, actif chez Sas van Vreeswijk: “Ce type de contrat nous permet de prendre toutes les mesures que nous estimons nécessaires pour satisfaire finalement à la disponibilité convenue de l'écluse à des coûts les plus bas possibles (life cycle). Ceci signifie surtout consentir de grands investissements dans la phase de départ, ce qui nous permet d'exécuter l'entretien avec le plus d'efficacité possible pendant la phase d'utilisation. Et c'est aussi réellement nécessaire dans notre cas. La disponibilité convenue est si élevée que durant la phase d'exploitation, nous avons prévu chaque année 40 heures pour l'entretien régulier (préventif) et 16,5 heures pour l'entretien imprévu (correctif) consécutif à des dysfonctionnements."

Les travaux sur l’écluse existante. La sécurité est privilégiée dans tout l’accord de collaboration
Les travaux sur l’écluse existante. La sécurité est privilégiée dans tout l’accord de collaboration

En définitive, ceci signifie que les coûts pour Sas van Vreeswijk sont élevés pendant les trois premières années du projet en contrepartie d'une faible indemnité de disponibilité de Rijkswaterstaat. Quand l'écluse est en service, l'organisation reçoit l'indemnité de disponibilité pour chaque heure de disponibilité de l'écluse et les coûts sont relativement bas et surtout liés à l'entretien.

Pour l'instant est prévu pour chaque partie d'écluse tous les huit ans un grand entretien pour lequel les coûts seront à nouveau un peu plus élevés. Chaque heure où l'écluse est moins disponible que prévu, signifie la suppression de l'indemnité de disponibilité ou une amende.

Le contrat n'est pas rigide au point de ne pas permettre des modifications dans les trente prochaines années.

Pieter van der Galiën de Rijkswaterstaat: “Vous n'échappez pas aux développements techniques futurs qui peuvent par exemple contribuer à la sécurité ou à la disponibilité de l'écluse. Si cet avantage est effectivement si grand que cela vaut la peine de mettre l'écluse hors service quelques heures de plus pour implémenter cette solution, nous en discutons à nouveau. En effet, le point de départ est de rester réel. Nous nommons ceci l''approche du cycle de vie': optimiser le concept au profit de l'entretien."

 

Les portes d’écluse peuvent être roulées entièrement dans l’enclave d’écluse sur des chariots à guidage inférieur via des rails, où l’espace et l’outil se trouvent pour l’entretien. L’autre porte d’écluse veille à ce que l’écluse reste entièrement disponible
Les portes d’écluse peuvent être roulées entièrement dans l’enclave d’écluse sur des chariots à guidage inférieur via des rails, où l’espace et l’outil se trouvent pour l’entretien. L’autre porte d’écluse veille à ce que l’écluse reste entièrement disponible

DOUBLES PORTES ET PROPRE RESEAU DE CAPTEURS

La disponibilité de quarante heures d'entretien régulier par an est ambitieuse, mais irréalisable, d'après Paul Zanen. Son hypothèse est basée sur un grand nombre de mesures qui sont déjà adaptées dans la phase de conception et qui minimisent et simplifient l'entretien. C'est ainsi que toutes les portes d'écluse sont exécutées doubles, ce qui offre la possibilité de toujours exécuter l'entretien sur l'une d'entre elles sans menacer la disponibilité de l'écluse. Ce faisant, la porte de l'écluse en question est roulée entièrement dans l'enclave de la porte via des rails sur des chariots à guidage inférieur, puis l'entretien de la porte d'écluse peut être exécuté sans gêner la navigation. Ici, tout l'espace et l'outillage est disponible pour l'entretien. Les portes d'écluse doubles sont aussi la raison qui explique la longueur variable de l'écluse.

Par ailleurs, on a investi dans le développement et l'implémentation d'un propre réseau de capteurs permettant de surveiller des paramètres critiques. Primo, des perturbations émergentes sont visualisées à un stade précoce et évitent un arrêt inopiné. De plus, ces données servent à dresser un précieux historique qui sert de base pour peaufiner les intervalles d'entretien.

 

ANALYSE DES DYSFONCTIONNEMENTS

Paul Zanen: “Afin de réaliser finalement un entretien optimal dans un temps minimal, nous avons du reste entamé la collecte et la sauvegarde automatiques de tous les dysfonctionnements sur l'écluse existante. Une sorte de 'mesure zéro'. En premier lieu, il était étonnant de constater que nous avions recensé plus de dysfonctionnements que ces dernières années. Ceci est lié au fait que les petits dysfonctionnements étaient souvent résolus directement et sur place sans en faire ici mention. Par une approche plus systématique et la sauvegarde totale, vous êtes en mesure de déceler les dysfonctionnements les plus fréquents et d'y réagir de façon structurelle."

Le coulage du béton par-dessus les pierres près de l’écluse évite qu’elles se logent sous la porte d’écluse
Le coulage du béton par-dessus les pierres près de l’écluse évite qu’elles se logent sous la porte d’écluse

A ce propos, une analyse des dysfonctionnements ressemble fortement à une analyse de sécurité. On examine le risque potentiel d'un type de dysfonctionnement, mais aussi son impact sur la disponibilité de l'écluse. Sur cette base, on détermine les efforts à consentir pour éviter un dysfonctionnement spécifique. Zanen: “Cette analyse a notamment révélé que nous souffrions le plus de portes d'écluse qui connaissent un dysfonctionnement suite à une pierre ou un autre objet sous la porte de levage et un système CCTC (caméra) défaillant. Le premier problème est résolu en fixant les pierres détachées sur le sol près des portes de l'écluse par une couche de béton supplémentaire; le second problème par la simplification du système et l'exécution redondante. De cette manière, la mesure, l'enregistrement et l'analyse délivrent de façon relativement simple une solution pour nettement moins d'entretien et de dysfonctionnements."

 

MAINTENANT ET PLUS TARD

En ce moment, on travaille sur le troisième sas d'écluse. En parallèle, on rédige le plan pour la rénovation des écluses 1 et 2. Ces plans prévoient e.a. le remplacement de toute la machinerie dans le train de levage des deux anciens sas d'écluse. Le gigantesque entraînement reste hydraulique et les portes sont même conservées. Du reste, la commande de toutes les portes d'écluse est intégrée dans un seul système et des mesures sont prises pour réaliser finalement aussi la commande à distance de l'écluse complète.

Zanen: “Ce type de projet a ceci de beau qu'il ne s'agit pas seulement de disponibilité et de technique. On tient compte également du fait que nous avons affaire ici à un pan d'histoire, parce que le Lekkanaal, par exemple, fait partie de la Nieuwe Hollandse Waterlinie. Pour conserver cet héritage culturo-historique, les casemates - bunkers d'un poids pouvant dépasser un million de kg - ont été déplacés à un stade précoce. Les anciens logements des éclusiers, qui ont perdu leur fonction, seront aussi rénovés et aménagés comme espace de commande pour les trois sas d'écluse. Last but not least, on prévoit de faire de l'écluse Beatrix la première écluse neutre en énergie des Pays-Bas."