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LA REALITE AUGMENTEE APPOSE DES INFORMATIONS SUR LE CHAMP DE VISION

The sky is the limit, mais nous n'en sommes qu'au début

Aujourd'hui, la technologie évolue à un rythme effréné. Toutes les évolutions ne sont pas forcément utiles, mais s'il y en a bien une qui peut l'être à l'avenir, c'est celle de la réalité augmentée. Cette technologie regorge de possibilités pour le monde de l'industrie et de la maintenance, même si une grande partie n'est possible qu'en théorie pour le moment. “Il y a encore beaucoup de restrictions techniques," déclare le prof. dr. Jan Van Looy (iMinds, UGent), “mais elles vont disparaître."

 

PLUSIEURS REALITES

La réalité augmentée permet d'effectuer des inspections visuelles de manière plus précise et plus correcteIl n'est pas simple d'expliquer ce qu'est la réalité augmentée. “C'est vrai. On entend surtout parler de la réalité virtuelle (RV), avec l'Oculus Rift et Google", commence le prof. dr. Jan Van Looy. “La réalité virtuelle est une paire de lunettes sur laquelle on projette ce qu'on verrait normalement sur un écran. Un point important à cet égard est qu'on est entièrement coupé de la réalité. La réalité augmentée (RA) est moins connue, mais beaucoup plus prometteuse, étant donné l'aspect 'augmenté'. L'idée est d'enrichir la réalité, d'y ajouter des éléments. Mais il faut surmonter de nombreux niveaux de complexité pour mettre tout cela au point. Toutefois, selon l'application, les possibilités sont théoriquement infinies. Mais ça, c'est en théorie, car il y a encore beaucoup de restrictions techniques." Pour créer de la réalité augmentée, il existe plusieurs possibilités. “Il faut pouvoir interpréter et tracer la réalité. Autrement dit, la technologie ne doit pas seulement pouvoir visualiser ou comprendre dans quelle direction on regarde: elle doit aussi savoir ce qui se passe alentour, et y ajouter des informations. Cette information peut se composer d'étiquettes indiquant par exemple que l'objet sur la table est un verre d'eau. L'information s'affiche comme une surcouche en 2D, une illustration qui s'affiche sur le dispositif intelligent. La prochaine étape est le 3D, mais on sera confronté à la difficulté du positionnement. La RA doit savoir sous quel angle se trouve le verre, à quelle distance, quelle est sa taille, ... En fait, il faudrait même tenir compte de la luminosité si on veut vraiment bien faire les choses."

TOUT EST INTELLIGENT

L'industrie a beaucoup à gagner avec la RA

La RA se fait sur un dispositif intelligent. “Ce peut être n'importe quoi", dit Benny Lauwers. “Pour ne citer que les principaux: des lunettes, une tablette, un smartphone, une smartwatch, ... Tout ce qui supporte cette technologie. Aujourd'hui, on peut déjà réaliser énormément de choses avec un smartphone ou une tablette. Pensons à l'appli 'Pokémon Go' qui utilise la RA. Mais l'avantage avec les lunettes est qu'on peut agir en ayant les mains libres, ce qui peut favoriser la percée. Google Glass était la version la plus connue, mais elle n'est plus la seule. Vuzix, par exemple, propose un écran qui se place devant l'œil. Il fonctionne comme un ordinateur portable, mais juste devant l'œil. Sur cet écran, on projette des informations comme l'emplacement d'une palette dans un centre logistique. Avec la RA, on a besoin de lunettes entièrement see-through afin d'apposer la réalité augmentée sur le monde réel. L'autre côté du pendule oscille vers les lunettes complètes portées par les pilotes de chasse. Daqri s'est penché sur cette idée pour fabriquer un 'casque intelligent' qui crée une réalité augmentée sur les deux yeux. Ce casque est idéal pour la construction et l'industrie, car il combine technologie pour les yeux et protection de la tête."

POSSIBILITES ET DEFIS

Avant que la RA puisse vraiment percer, il faut franchir quelques obstacles. “C'est une technologie complexe, car il faut tenir compte de plein de choses. P.ex., elle doit être aussi flexible que nos yeux, ce qui est quasiment impossible: nos yeux voient immédiatement une image nette, ils s'adaptent automatiquement à chaque luminosité et ils nous permettent de tout reconnaître et interpréter immédiatement. Cette technologie fait déjà l'objet de beaucoup de recherche et de développement, mais elle est plus pénible à réaliser en temps réel. Les lunettes peuvent tout percevoir, mais il faut interpréter toutes les images. Il faut donc traiter tout cet input et l'idéal est de le faire avec un ordinateur. On peut choisir d'intégrer cet ordinateur dans les lunettes ou le casque, mais ces objets deviennent alors trop lourds et trop chauds. On peut aussi opter pour un traitement à distance, mais on est alors confronté au problème de la connexion entre les lunettes et l'ordinateur."

QU'EST-CE QUI VA ENTRAINER UNE PERCEE?

La RA est tout près de percer. Reste à savoir ce qui va déclencher cette percée.
Benny Lauwers: “C'est le contenu qui déterminera si la RA va percer définitivement ou non. Mais j'ai l'impression que les deux vont ensemble: un bon contenu sur du bon matériel. Aujourd'hui, on peut déjà créer un bon contenu pertinent sur le matériel actuel, mais en ce qui concerne le matériel, il reste une marge de développement et d'amélioration."

MISSIONNAIRES

Même si la RA permet déjà beaucoup de choses, cette technologie est confrontée à un deuxième problème: la notoriété. “Au lieu d'essayer de vendre nos produits, nous devons encore souvent jouer les missionnaires et commencer par vendre la technologie sous-jacente. En effet, beaucoup de gens ne la connaissent pas", dit Benny Lauwers. “Nous mettons donc plutôt l'accent sur des solutions concrètes que sur la RA proprement dite."
Un exemple est l'inspection visuelle. “Aujourd'hui, elle se fait souvent avec une fiche en papier, mais hélas, il n'y a alors aucun contrôle de l'inspection. On remplit rapidement la fiche et le tour est joué. Ce n'est pas le but. Nous avons développé une solution en RA sur une tablette. L'avantage est qu'on active la RA avec la caméra, si bien qu'on peut facilement effectuer l'inspection visuelle. La technologie enregistre les marqueurs de référence, après quoi la procédure est lancée pour la bonne installation. De plus, la procédure est telle qu'il est impossible de passer des étapes et que l'inspection ne peut être effectuée qu'à l'endroit spécifique où elle doit l'être. Ainsi, on est encore plus sûr que les inspections visuelles sont suivies avec plus de précision." La prochaine étape consiste à rendre ces marqueurs superflus, déclare Jan Van Looy: “La caméra peut alors reconnaître les objets elle-même. Elle sait qu'il y a dans la pièce une table positionnée selon un certain angle, et elle peut projeter dessus un objet en RA. C'est une valeur ajoutée pour l'industrie si la RA peut elle-même reconnaître et interpréter des installations. Le but est même de passer d'une RA indirecte (via une caméra sur la tablette) à une RA directe, par exemple à travers le verre de lunettes, tandis que la technologie enregistre l'environnement en temps réel et y ajoute également une réalité augmentée."

Perception

La RA doit se battre pour se faire connaître et être correctement perçue. “Internet regorge de vidéos de démonstration, si bien que le client s'attend à ce que ce genre de chose soit aussi possible pour lui. Mais ces vidéos sont embellies et montrent la RA dans un environnement contrôlé ou selon un scénario fixe. Ce qu'elles montrent, n'est pas encore possible dans la vraie vie. Les gens qui veulent de la RA, sont déçus, lorsque nous leur montrons 'the real deal': 'ah, c'est juste ça?'"

RESTER ABORDABLE

Benny Lauwers voit encore un autre défi: “Toutes ces possibilités de la RA deviennent réalité. Surtout quand on voit que des géants comme Google ou Microsoft s'y intéressent. Quand on regarde le parcours de 'Magic Leap', on sait que the sky is the limit (Magic Leap veut que la technologie du film Minority Report devienne réalité et a levé 1 milliard d'euros de capitaux avant même d'avoir sorti un seul produit). Mais la question est de savoir si cette technologie sera abordable financièrement. C'est de ça que dépend la percée de la RA. La Holo Lentille de Microsoft est un bel appareil, mais coûte $ 3.000."

OPPORTUNITES POUR L'INDUSTRIE

Malgré les défis, l'industrie a beaucoup à gagner avec la RA, selon Benny Lauwers. “C'est le secteur ayant le plus gros potentiel, non seulement du fait de ses applications, mais aussi étant donné le capital disponible. Nous devons également veiller à ne pas être à la traîne en Belgique. Il serait donc bon de réfléchir et d'agir de manière moins conservatrice."


QUI EST JAN VAN LOOY?

Le prof. dr. Jan Van Looy est senior researcher dans le groupe Media & ICT (MICT) de l'unité d'enseignement et de recherche Sciences de la communication à l'Université de Gand. Il a consacré son doctorat à la création de jeux vidéos en 2006. En 2008, il a commencé comme chercheur au MICT, plus précisément chez iMinds, le centre de recherche digitale de Flandre. 
En tant que senior researcher chez iMinds, Jan Van Looy étudie les nouveaux médias et leur impact sur la société et l'économie, spécifiquement les changements et les défis qu'ils comportent.

QUI EST BENNY LAUWERS?

Benny Lauwers est cofondateur de VIU More, une spin-off technologique de l'entreprise de consultance Impala. Cette entreprise faisait de la consultance pour l'industrie: excellence opérationnelle, maintenance, gestion des actifs, sécurité, …
“A un moment, nous nous sommes retrouvés à un carrefour: nous voyions le gigantesque potentiel de la RA, mais aussi ses limites. La question fut la suivante: allons-nous revenir à la consultance ou miser à 100% sur la RA? Nous avons choisi la deuxième option et créé VIU More."